C’était pendant la deuxième guerre mondiale, en plein hiver. Mignonne était parti braconner, en compagnie de Roger Larguèze. Une journée semblable à bien d’autres, s’ils n’avaient fait la découverte de cet avion tombé du ciel, au milieu de nulle part. Selon leurs dires, nos deux compères avaient trouvé cet aéronef bien après l’accident. C’était dans l’une de ces combes désertes, terre de Saint-Guilhem entre le mas des Plos et les falaises du Bout du Monde. Ils faisaient la tournée de leurs pièges. Une parfaite connaissance des lieux et une activité nécessitant une vigilance de tous les instants leur permettaient de déceler toute anomalie dans le paysage. C’est ainsi qu’ils avaient repéré, à travers les pins de la haute combe de Brunan quelque chose qui brillait anormalement. Ils pensèrent tout d’abord à une roche suintante d’humidité. Comme le phénomène persistait, ils décidèrent finalement d’aller voir de plus près.
C’était l’épave d’un avion de guerre allemand...
Plus de soixante ans étaient passés sur les faits et, après toutes ces années, faute d'attention et d'intérêt, les souvenirs s'étaient effacés des mémoires. Les débris descendus de la montagne comme des trophés s'étaient perdus. Ils avaient disparu, jetés aux décharges, après que l'on eut vidé caves et greniers.
Cet essai est l'histoire d'une enquête qui, des dizaines d'années après les faits, dans le contexte difficile hérité des circonstances troublées de cette époque de guerre et des archives en grande partie perdues, va permettre de retrouver l'histoire de ce crash et l'identité de son pilote à partir de quelques morceaux de tôle froissés. Une ode à la mémoire et à la réconciliation des peuples.